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C’est au XIIème siècle que furent fondées les grandes confréries soufies (les Tarîqa). Des premiers ordres apparaissent alors qui garderont l’appellation de « khirqa primitives » (la khirqa étant le vêtement de piété remis symboliquement par le maître à son disciple).

A la fondation de la franc-maçonnerie moderne, au début du XVIIIe siècle, un discours de Ramsay (l’un des fondateurs de la maçonnerie spéculative) porte sur l’institution de l’Ordre maçonnique par les Croisés qui « convinrent de plusieurs signes anciens, des mots symboliques... pour se connaître d’avec les Sarrasins ». Michel Chodkiewicz, ancien directeur des Editions du Seuil converti à l’Islam dès l’âge de vingt ans, suggère qu’il existe des conjonctures, des indices sur le fait que des gens qui vivaient ensemble, soit au Proche Orient à l’époque des croisades, soit en Espagne ou en Sicile, ne se soient pas ignorés complètement. La culture était partagée, culture religieuse bien sûr. Il exista de nombreux contacts individuels entre spiritualistes chrétiens et musulmans qui influença beaucoup la chevalerie occidentale. René Guénon, devenu musulman en 1930 au Caire, et gendre d’un chef local de confrérie, sous le nom de Cheikh Abdelwahid Yahya, montrera dans ses Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage (1934, tome 1) que « les Templiers ont possédé un grand secret de réconciliation entre le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam ». Guénon avait été admis à la loge « Thebah » (GLDF), puis au rite swedenborgien, où devenu Chevalier Kaddosh, il perçut le parallélisme de ce 30e degré avec le personnage du Vieux de la Montagne ismaélien de la secte des "Assasins".

Le frère Bouillet dans Ordo ab Chao (été 1983, N ° 4) a dit : « Dans un délai de neuf ans, neuf chevaliers vont renforcer l’action des moines-soldats de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Une espèce d’intégration entre les acteurs initiaux de l’Ordre des Templiers et tous ceux de nations et de cultures diverses qui vont le rejoindre, va se développer ». Cet événement daté de 1118 rapporte une réunion légendaire des croisés d’Occident et des initiés d’Orient. Au XIXe siècle, quand la Franc-maçonnerie italienne, britannique ou française ouvrira des loges dans l’Empire Ottoman, le personnel politique, les commerçants, les intellectuels, la plupart du temps déjà adhérant à des confréries ou à des corporations, qu’ils soient sunnites ou chiites ne trouveront pas de difficulté à devenir francs-maçons, tant leur appartenance à des structures codifiées et initiatiques, leur sens de la fraternité, leur quête de l’absolu leur paraissaient compatibles avec les idéaux maçonniques. De son côté, Thierry Zarcone (historien Français travaillant au CNRS) avait aussi, dans la publication de sa thèse, rappelé que plusieurs chefs de confréries ottomanes, appelés par le Sultan aux plus hautes responsabilités politiques, appartenaient également à la Franc-maçonnerie turque.

Lorsque l’Association des Frères Musulmans se constitua, en 1929, elle le fit sur des bases confrériques ; l’organisation interne s’appuya et s’appuie encore sur une élévation hiérarchique graduelle, un cérémonial, une initiation, un lexique, qui constituent la mise en place d’une fratrie. On s’en tiendra au Coran sans interprétation ésotérique et le fondateur, l’instituteur égyptien Hassan AI Banna, déclara : « Nous ne sommes pas une confrérie ; nous sommes des frères au service de l’Islam, donc nous sommes les Frères Musulmans ». A chaque degré de l’ascension vers Dieu, l’initié expérimente avec plus d’intensité la Présence Divine et son Unicité. Le candidat se tiendra debout devant le Cheikh vêtu d’une robe blanche et d’une ceinture. Il fait profession de l’abandon de soi en déposant ses dons (monnaies en argent, bague en or symbolisant la vie profane) devant le Cheikh, en dénudant ses épaules, en dénouant sa ceinture et en retirant sa coiffe. En Franc-maçonnerie le candidat au 1er degré est débarrassé de ses métaux (monnaies, montres, bijoux..). Il doit être face au Vénérable Maître nu-tête, en chemise, le bras et le sein gauche découverts. Puis le Cheikh répète 3 fois la formule du pardon, signifiant que les péchés antérieurs du candidat ont étés pardonnés devant Dieu. La cérémonie se termine comme en franc-maçonnerie par des agapes. Les « Tarîqa » pratiquent l’initiation progressive à quatre degrés : Premier degré : Mourid, Deuxième degré : Mouqadem, Troisième degré : Nassib, Quatrième degré : Cheikh. Ceci correspond chez les Francs-maçons aux grades suivants : Premier degré : Apprenti, Deuxième degré : Compagnon, Troisième degré : Maître et Quatrième degré : Maître secret.

Les « Bektachis » se singularisent des autres ordres soufis par quelques particularités qui ont fait que des membres de la confrérie sont allés vers la Franc-maçonnerie. En effet, la cérémonie d’initiation est ce que l’on peut appeler une véritable cérémonie d’initiation à l’image des mystères de l’Antiquité avec mort simulée et résurrection (mort et résurrection de Hiram en maçonnerie : passage au degré de Maître) à la différence de ce qui se passe dans la plupart des autres confréries où l’initiation consiste généralement dans la transmission de la technique de prononciation des prières répétitives, le « dhikr ». Autre point commun avec la Franc-maçonnerie, la confrérie des « Bektachis » est une société secrète qui n’admet dans ses assemblées que les membres de l’ordre à la différence des autres confréries dont les réunions sont ouvertes à tous les croyants. Enfin la nécessité de conserver le secret de ce qui aura été vu et entendu en assemblée est un des grands principes de cet ordre comme en franc-maçonnerie. D’autre part, ils boivent du vin et rejettent le port du voile chez les femmes et l’une de leurs cérémonies initiatiques évoque la Cène des Chrétiens. Ils procèdent au partage du pain et du vin.

Il y a eu incontestablement contact et sans doute « échange » entre l'Ordre secret des Druzes et les Templiers. Assurément, les Druzes ont pris ce nom à une date relativement récente puisque cette appellation dérive de Darazi qui, vers 1020, mais celui-ci existait avant. Les Druzes seraient-ils les tenants de la longue chaîne initiatique qui, depuis le commencement des temps, se transmettaient la connaissance, celle dont Platon affirmait qu’elle ne peut-être donnée qu’à ceux qui y sont préparés ? Cela ne faisait aucun doute pour l’initié Kamal Joumblatt : « Nous sommes un peuple vieux de 5000 ans et nous détenons certains ouvrages sacrés de l’Ancienne Egypte, notamment l’œuvre secrète d’Hermès Trimégiste, connu chez nous sous le nom de Imhotep. C’est lui qui édifia la première pyramide à Sakharah l’un des premiers centres initiatiques de l’Antiquité. Pythagore s’y rendit, y fut initié et créa l’ordre des Pythagoriciens. L’un des plus mystérieux maillons de cette chaîne fut le roi-prêtre Melchisédech, initiateur d’Abraham. L’un des plus importants fut Jethro, initiateur de Moïse ; il est particulièrement vénéré chez nous. Quand au Christ, son initiateur fut Jean Baptiste ». Les Druzes constituent actuellement l’un des maillons de cette grande chaîne qui peut être aussi la véritable Fraternité Universelle. Ainsi à Sakharah au bord du Nil, dans la Babylone des rives de l’Euphrate, à Qumran sur la Mer Morte, parmi les templiers à Jérusalem, l’initiation n’était qu’une, comme elle est aujourd’hui dans l’Himalaya, dans les Montagnes d’Ecosses, dans les Andes et au Mont-Liban. Ils sont tous adeptes de l’Unité, mais répartis sous d’autres vocables dans d’autres religions ». Cette théorie ressemble à l’instruction maçonnique du second degré, celui de Compagnon, où l’on trouve un des voyages symboliques consistant à étudier et à comparer les grandes doctrines philosophiques, morales et religieuses qui furent transmises à travers les siècles par de grands initiés tels que Hermès Trimégiste, Pythagore, Moïse, Platon, Abraham, Jésus, Confucius... Les différentes couleurs de la symbolique druze nous les trouvons en Franc-maçonnerie au trentième degré : le Chevalier Kaddosch. Ce degré est celui avec lequel s’achève l’initiation maçonnique. Dans son « Voyage en Orient », Gérard de Nerval, a comparé le Cheikh Aql Druze au Chevalier Kaddosch. Le chiffre Trois revêt une importance particulière chez les Francs-maçons : Il représente le Delta ou Triangle qu’on retrouve aussi chez les Druzes. En effet, sur le mur est de la Khalwa (Temple) on retrouve des symboles et des figures qui esquissent un emblème, qui ressemble à un double triangle. Le sommet du triangle supérieur présente toujours un angle très aigu, alors qu’invariablement le sommet du triangle inférieur est presque à angle droit. Si on enlève les deux lignes horizontales, qui ont été peut-être ajoutées au cours des années, on obtient l’emblème maçonnique : le Carré et le Compas.

Au dessus de ce double triangle, on trouve une figure ovale, qui sans doute symbolise l’œil de Dieu, qu’on retrouve en Franc-maçonnerie « Dieu qui voit tout ». Cette référence au triangle, on la retrouve aussi chez la jeune mariée druze.

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